Philippe nous indique la route directe pour le parc El Cocuy en haute montagne. Mais elle nous ferait rater quelques villages et sites intéressants. Nous couperons par une autre route ensuite...
L'itinéraire que nous suivons pendant 4 jours est très montagneux, entre 2000 et 3000m, il fait frais et les gens se réchauffent sous leurs ponchos.
Des falaises aux pentes vives, des fougères arborescentes, des bambous, des fuschias boliviana, des « Suzanne aux yeux noirs » et de grands champs de pommes de terre.
Des villages à l'architecture coloniale : Girón où l'on visite une manufacture artisanale de cigares.

(Nous en connaissons un qui aurait adoré....mais, interdit, n'est-ce pas?).
Nous suivons le profond cañon de Chicamocha et croisons les centres touristiques aux deux bouts du téléphérique. Tortucar nous l'a déconseillé, on évite. La vue est déjà très belles de la route qui monte à l'assaut des pentes abruptes en de nombreux lacets. Soudain des bassins bleus sur fond de montagne, la démesure humaine dénote un peu dans le paysage...

San Gil et son parc public, au long du rio Foncesca, planté de grands arbres ( Ceibas, Bohinias, Cassia fistula...), couverts des cheveux d'ange d'une broméliacée, le Musgo. Nous dégustons les spécialités locales:
-grosses fourmis ( hormigas culonas) grillées. Ce sont les ailées à l'envol qui sont récoltées.
-Le cabro ( chèvre ou mouton, c'est selon semble t-il). Ça nous change, car si nous mangeons parfois dans les troquets traditionnels, ce n'est guère varié : soupe (bonne), des haricots rouges, du riz avec poulet, bœuf ou porc, mais pas cher : autour de 3 € par personne. Comme dit un français du Panama : « Si on aime le riz et le poulet, ça va ! ». Nous aimons, et les bananes aussi, heureusement !!!
Au-dessus de San Gil, Barichara, charmant village de tailleurs de pierres et de potiers.

Le Camino Real, un chemin muletier du XVIIIème siècle, aménagé par un allemand sur une piste des indiens Guané, offre une splendide balade champêtre. Sur 7 kms, à travers les prés clos de murets, au milieu des arbres, fleurs, insectes, papillons, oiseaux, il conduit à Guané, un village encore plus rustique et isolé... auberge, achat de fromage de chèvre et retour en bus.
Mais au centre Info touristes de Barichara, on nous déconseille la route pour le parc El Cocuy : trop long car en mauvais état et en relief montagneux, ce qui la rend très difficile. Là encore, nous renonçons, à tort ou à raison, mais nous n'avons plus le cœur à affronter les difficultés. Damien aurait été le plus motivé, mais sans son appareil photo....
Les grandes villes sont en général assez quelconques, architecture trop disparate.
Nous gagnons donc le Boyaca.
15 octobre et toujours en Colombie, à POPAYAN, l'EQUATEUR approche.