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NOUS Y SOMMES.
20 MARS, nous sommes assez fiers et heureux, c'est à Ushuaia que nous fêtons notre 2ème anniversaire de voyage.
Pour l'occasion, un bon resto avec au menu une assiette de la mer: moules, St Jacques au champagne, friture, calamars et 3 poissons fumés.
Et pourtant durant cette seconde année, que de fois avons nous failli renoncer : fièvre, vols, accrochage, découragement. Mais il y a toujours l'un pour pousser l'autre !
Notre périple est émaillé de nombreuses rencontres, plus ou moins sympathiques, voir détestables ou surprenantes.
Au Mexique, étape chez Glafira avec un sympathique accueil. 
Mais au fait, qui est-elle? C'est simple, c'est la maman de la femme du frère, de la femme du frère du mari d'Aménité...et sans bégayer! Vous suivez?
Puis à Mexico, c'est Bartoloméo que nous croisons dans une rue. Ce campesino, venu tout droit de Puebla où ses terres ne lui permettent plus de vivre, est venu tenter sa chance à la capitale. Il en est réduit à faire la
Ne pouvant pas grand-chose pour lui, nous lui offrons un repas au resto où nous venions de déjeuner pour pas très cher. Il est content de manger du «bistec».
Le Mexique nous a vraiment enchantés par sa variété, sa richesse culturelle, ses monuments, ses paysages, sa faune, sa flore et l'amabilité des gens. Dommage que la mort accidentelle de notre ordinateur inondé ait gâché le tableau juste avant d'arriver au Chiapas...1ère envie d'arrêter le voyage.
Puis,la traversée un peu trop rapide de l'Amérique centrale, avec des points d'intérêt moins marqués mais cependant assez variés, où nous avons plaisir à retrouver le Guatemala et le Costa Rica. Malgré nos déboires, nous apprécions la découverte du canal de Panama. Avec le vol important dont nous avons été victimes, là, nous étions vraiment à deux doigts de tout arrêter.
Mais l'Amérique du Sud nous attendait, après une traversée ardue et onéreuse Panama-Colombie.
A Pamplona ( Colombie), le chaleureux accueil de Philippe nous a redonné la pêche. Nous avons exploré au mieux la Colombie, tout en regrettant les zones importantes encore déconseillées. C'est avec plaisir, que nous y avons rencontré d'autres voyageurs lancés dans la grande traversée : Christine et Eric, Marie-Jo et Claude.
Chacun sa route, chacun son chemin; si nous échangeons infos et bons plans, nos voyages sont tous différents.
L'Equateur nous a permis de belles observations et une rencontre insolite: «tous sur le même bateau »!
donc nous nous retrouvons sur la même embarcation que Sylvie et Christophe avec qui nous échangeons le souvenir d'une rencontre dans le Montargois et parlons de connaissances communes...le monde semble parfois si petit !
Le Pérou, lui, est très vaste. Comme le Mexique, il nous a étonnés par la variété de ses paysages, ses monuments, son histoire et ses villages où nous avons croisé des gens aimables et serviables...mais là encore, une mauvaise gestion des déchets.
La Bolivie dont la pauvreté et le manque d'organisation sont évidentes, surtout dans l'Altiplano et autour des villes. Encore un pays traversé trop vite, cette fois pour ne pas rater la fin de l'été austral en Patagonie.Nous y restons pourtant suffisamment longtemps pour avoir droit à un accrochage. Les chauffeurs routiers ont ici une mauvaise réputation, bien méritée. Nous pensons pourtant y repasser au retour.
C'est en Bolivie, que nous réalisons combien l'affaire Charlie a traumatisé les français:
Habitués à vous trouver «plus que discrets » sur vos vies en France, nous sommes surpris du nombre de mail relatant ce dramatique et scandaleux événement et ses suites. Bravo pour la réaction rapide et les manifestations.
L'Argentine, toute en longueur, nous fait aligner les kms :environ 5000kms... du nord au sud...
En la traversant, nous avons l'impression de repartir 2 ans en arrière.
Des zones géologiques avec des paysages qui n'ont rien à envier aux parcs américains.
Une région de grands lacs superbes et de forêts aux arbres étonnants, comme au Canada.
Des glaciers, des monts enneigés, des îles comme en Alaska, et même une capitale du saumon !...les manchots si attractifs, marquent la différence, de même que l'absence des ours.
Et pourtant, l'Argentine, surtout au sud, nous rappelle l' Europe : habitudes, style de vie, ce n'est plus l'Amérique latine. Jamais vu autant de Kangoo sur les routes !
Normal: Si les Mexicains descendent des Aztèques, les Péruviens des Incas, les Argentins descendent des bateaux !
Et, c'est par milliers à la fin du XIXème siècle, qu'ils ont débarqué, venant d'Europe : Anglais,Croates,Yougos, Italiens,Russes, Français....pour peupler la Patagonie. Quand on visite d'anciennes maisons-musées, c'est la vieille Europe qu'on y trouve.
Les Argentins sont bien sympathiques, comme cette famille en vacances avec leur camper qui a consacré une matinée à réparer bénévolement le notre. Ou José, ce berger qui nous accueille dans sa cabane d'estive pour partager maté et tortas (beignets secs) au coin du feu.
Ô surprise, c'est en Patagonie que nous croisons pour la 3ème fois Nick et Lilian, nos amis Sud-africains, toujours par hasard et sommes si contents de nous retrouver que nous allons boire un verre ensemble.
Pendant ce long périple, nous avons effleuré la vie des civilisations indigènes passées et présentes, pour finir en Terre de Feu par le récit de leur poignante disparition:
Près de 10 000 ans d'une vie rudimentaire adaptée au difficile environnement et en à peine 40 ans, ils sont lamentablement éliminés par les colons: occupation de leurs terres-maladies- tir à vue- empoisonnement- tentative d'assimilation- montrés comme curiosités zoologique à Buenos Aires et jusqu'en Europe. Yamanas, Manekenk, Alakalufs...disparus.
Côté faune, nous sommes sacrément étonnés par ces sacrées petites hirondelles (une 20aine d'espèces), présentes partout. De l'Alaska à la Terre de Feu, de l'océan au paramo, elles ne nous ont pas quittés. Par contre les corvidés, corneilles et corbeaux, nous ont lâchés à partir du Mexique, laissant place aux caracaras dans le rôle du charognard. Par secteurs, on croise quelques geais très colorés. Mais celui qui ne nous a jamais quittés, c'est le faucon crécerelle américain (avec quelques variantes dans le plumage), il est visible partout, suivi de près par le faucon pèlerin....En Argentine, plein de nandous, et très étonnant, des perroquets jusqu'en Terre de feu !
Les mammifères sauvages sont rares, mais depuis le Pérou 4 camélidés sont bien visibles :
Vigognes, alpagas, lamas et guanacos.
Ushuaia, donne envie d'aller encore plus loin, cap Horn, Antarctique....mais là, il faut délier la bourse, la notre s'est bien amaigrie...Si la ville n'est pas extraordinaire, le cadre est superbe et nous avons eu du mal à le quitter.
DO
L'Alaska à 17518 kms? Ça doit être à vol d'oiseau...car nous,
d'ici à là,
nous avons fait à peu près 60 800kms...aurions nous tant divagué?
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Beaucoup nous demandent de continuer à leur apporter du rêve. Dépassant le rêve, nous vivons une vraie aventure.
Depuis deux ans, nous avons parcouru 15 pays, franchi 21 frontières, roulé notre bosse sur 76 000 kms.
Dépassant l'Amérique centrale, nous découvrons pour la première fois l'Amérique du sud et filons toujours plus loin vers la Patagonie. En Colombie, Equateur, Pérou et Bolivie, notre corps doit faire face à de sacrées épreuves d'acclimatation. Des dénivelés de 3000m sont possibles certains jours. Nous restons sur l'Altiplano autour de 4000m, plusieurs jours et dormons une nuit à 5000m. Là, le souffle est vraiment court, la tête lourde. Au matin, nous grimpons vaillamment jusqu'au glacier Pastoruri 200m plus haut. Tous nos sens sont aiguisés. Nous sentons réagir nos corps face au manque d'oxygène, au froid, au vent, à la beauté du paysage. C'est cela qui nous fait avancer et surmonter les moments difficiles, les coups de blues.
Nous associons nos talents. Moi au volant, Dominique à la documentation. Moi à la cuisine, Dominique à l'écriture, relatant notre voyage. La confrontation de nos caractères volontaires est parfois rugueuse.
Notre périple nous offre parfois des journées surprenantes. Par exemple, ce matin, 3 mars, sur la côte atlantique en Patagonie argentine, proche de Caleta Olivia, nous rendons visite à un troupeau de lions de mer (otaries), se reposant sur une plage de galets. Ils sont plusieurs centaines, bruyants, querelleurs, joueurs. Les gros mâles ( parfois plus d'une tonne) lourdement alanguis sur le gravier ouvrent un œil, toussent, se relèvent pour se gratter longuement, changent de position, puis s'étendent à nouveau mollement. Nous, à genoux à quelques mètres, regardons , photographions, regardons encore. Nous ne devons pas trop bouger, rester le plus discrets possible. Une approche trop hâtive provoque aussitôt un mouvement de recul d'un grand nombre d'individus. Si patauds sur la terre ferme, une fois dans l'eau, ils deviennent agiles, rapides . Nous quittons la plage avec regret.
Quelques heures plus tard, nous plongeons dans un très lointain passé. Nous marchons dans le Parc National Bosque Petrificado, au milieu d'arbres fossilisés, des araucarias vieux de 170 millions d'années, d'une dimension notable : plusieurs mètres de diamètre pour certains. Lumière douce de fin d'après-midi, vent fort à la limite violent, on aperçoit au loin la silhouette du volcan ayant permis cette alchimie du bois à la pierre. Il a craché une incroyable quantité de cendres recouvrant ces arbres couchés. Magique, nous avons l'impression de plonger dans l'origine du monde.
Depuis le Mexique, les villes, petites, moyennes ou grandes sont très animées avec de très nombreux magasins et échoppes. Les marchés sont très fréquents, spécialisés ou non, marchés aux bestiaux, alimentaires, ou artisanaux, à date fixe ou quotidien. Notre plaisir, après avoir parcouru et fait nos emplettes, manger au milieu de cette formidable animation dans de minuscules échoppes. Valeur du repas, une soupe et un plat : 5€ pour deux , voir moins.
Un fait notoire, en traversant tous ces pays, hormis les States et le Canada, jetés par l'humain consommateur, la présence de déchets divers, d'immondices, de poubelles, de plastics ! Ceux-ci jonchent le sol le long des routes, autour des points de vue, des parkings, des aires de pique-nique, sur les plages. Bibi, tu serais horrifié, à juste titre!
Enfin, chevauchée fantastique à travers l'immense Patagonie argentine. Mélange semi-désertique de graminées, de buissons bas, de lagunes asséchées, de maigres rios, de côtes atlantiques sauvages ourlées de falaises et de plages de galets.
Nous avançons avec un fort vent de face ou de trois-quart, bivouaquons à peine abrités. Ses assauts font tanguer notre camper comme un voilier pris dans un grain.
Enfin, Ushuaia nous voilà. Petite ville au bord du canal de Beagle entourée de montagnes portant glacier, pics rocheux et forêts magiques de nothofagus. Nous sommes heureux.
DA