Comme le trajet ne nous semble sans doute pas assez long, nous ajoutons quelques aller-retour sur des routes sans issues dont les destinations attisent notre curiosité.
Voici les principales
-Fort St James
poste de traite en activité de 1806 à 1852 sur le territoire des Dakelh "Porteurs".
Cette construction date de 1896.
il s'y ferait très bien!
Nous réalisons l'importance et l'impact du commerce de fourrures au XIXème siècle.La compagnie de la Baie d'Hudson a installé des postes comme celui-ci ou de simples trading post à travers tout le grand Nord.L'Europe, la Chine, la Russie voulaient des fourrures. Des trappeurs ont sillonné les territoires à pieds, canoës, traineaux à chiens pour faire un véritable massacre: loups, renards, hermines, ours, castors, loutres... par milliers; tout y passait! Heureusement que la mode du chapeau en poils de castors (la fine sous-couche) a cessé en Europe car les pauvres castors déjà à la limite de l'extinction auraient disparu!
En participant à ce commerce, les natifs ont pu échanger contre des biens de consommation manufacturés (l'industrialisation a eu cet impact aussi): couvertures, outils,fusils, perles, tabac... les fourrures étaient échangées à une valeur ridicule comparée au prix de revente.
Après un trajet d'un an: bateau, mules, navires (dont certains coulaient en mer), la compagnie faisait encore de gros bénéfices!
En acceptant (de gré ou de force) ce jeu, les natifs ont sûrement perdu beaucoup plus qu'ils ne pensent, leur culture en prime. Dans leur mythologie, la mère-nature ou l'esprit ,créateur de toute chose, leur a dit:
"A chaque victime, remerciez pour le sacrifice et ne tuez pas plus que vos besoins"
Pacte rompu, territoire et liberté perdus! Parfois même, ils se sont laissés piéger par "l'eau de feu". Finalement, la police montée est venue contrôler tout ça et pour leur bien. Maintenant, ils sont américains ou canadiens et tel est leur mode de vie; avec un goût pour les activités de chasse, pêche et ramassage de baies et champignons. Danses et chants, costumes sont devenus "folkloriques" et la langue s'enseigne en école. Ils tentent de conserver des techniques encore détenues par quelques anciens.
........Nos bretons , nos auvergnats ...s'y reconnaitront!
-Les Hazeltons
Nous y faisons une incursion dans le passé du peuple Gitxsan ( peuple de la rivière des brumes) au bord du fleuve Skeena. Ksan, reconstitution d'un village traditionnel se visite.
Il y a 8 autres villages dans les environs (habitat moderne), nous les parcourons pour y découvrir les totems.
Vivant de pêche , de chasse et de cueillette, c'était le « Peuple du cedar (thuya) »; ils l'utilisaient pour la construction, les objets usuels et l'habillement (tissage des fibres tirées de l'écorce). Ces beaux objets sont maintenant exposés dans les musées.
L'arrivée des trappeurs, chercheurs d'or et fermiers est venue briser ce bel équilibre , apportant de surcroit des maladies nouvelles (rougeole, choléra et variole) dévastatrices.
Dommage pour nous, à une journée près, nous ratons la représentation de chants et danses. Flûte!
Nous bifurquons sur l'Hwy 37 pour 750 Kms encore avant Watson Lake.
-Stewart
Nous nous décidons pour ce détour devant le panneau qui annonce glaciers et ours.
Vraiment pas déçus par le paysage et la route qui nous fait traverser 4 fois la frontière Alaska-Canada en 24H, et nous conduit à Steward en fond de fjord, puis à Salmon glacier en croisant des mines ( or et argent) encore en activité.
Salmon glacier, un des plus grands glaciers du Canada.
Pour voir le grizzly pêcher, nous sommes là 15 jours trop tôt, ZUT! Mais nous croisons quelques ours noirs.
(vers 20 juillet)
Trop loin! Trop près!
Pas facile à photographier les ours noirs: toujours en mouvement et leur fourrure renvoie mal la lumière!
- Telegraph road
Heureusement que l'on commence à s'habituer aux routes non goudronnées (gravel road), celle-ci, au bout de 120 Kms nous conduit à Telegraph creek.
si,si, il est blanc!
Un essai, non transformé, de ligne télégraphique avec l'Europe à travers la Sibérie en 1860....ils ne doutaient de rien!
Territoire des Tahltan qui ont gardé leurs lieux de pêche au saumon dans la rivière Stikine. Nous partageons un moment avec eux, ce 8 juillet.
Pêche familiale.
Pêche commerciale artisanale
Les deux sont très réglementées et contrôlées et nous n'avons ni permis de pêche, ni cannes!
- Fin de l'Hwy 37.
Elle traverse de très vastes zones de forêts détruites par le feu.On y fait un tour à pieds
épilobes roses et blanches remarquez le filet anti-moustiques!
Et le 10 juillet, nous pénétrons enfin au YUKON.