Franchir la frontière Nicaragua-Costa Rica nous occupe 2H. Toujours une partie de plaisir ce parcours inorganisé et extravagant de bureaux en bureaux....en passant par l'achat de l'assurance obligatoire. Il y a autant de formulaires à remplir à chaque sortie de pays que pour entrer dans le suivant et les bureaux sont dispersés....jeu de piste ? Quand on trouve la sortie, on gagne une fumigation payante !
Aussitôt, nous filons vers la Finca Cañas Castilla conseillée par Any et Jean-Paul. Bonne idée car l'endroit, tenu depuis 20 ans par des Suisses, Agi et Guido est fort sympathique.Autour de l'accueil, ils ont conservé de grands arbres (manguiers) qui hébergent singes araignée
et Paresseux. Un bébé est tombé au sol il y a quelques jours, mais la mère est bien trop lente pour descendre le récupérer !....alors Agi le nourrit au lait de chèvre.
Des parcours fléchés dans les divers essais de plantation:agrumes, teck, pitayas...des toucans émeraude dans les branches, dans la rivière des crocodiles. Fincas et réserves privées offrent parfois autant qu'un grand parc national.
Là, nous consultons Internet et nos courriers nous apprennent que pour le bateau du 22 juillet, il faut être le 15 juillet à Panama pour entamer les démarches. Trop court : Costa Rica et Panama en 15 jours, on dit non ! Nous prendrons le suivant... En partant pour 28 mois, nous avions choisi de ne pas courir. Une uthopie, car traverser (ou presque) le globe Nord-Sud, représente un bon nombre de Kms, surtout en dérivant...Nous ne pouvons donc jamais rester dans les nombreux endroits dont nous aurions aimé profiter d'avantage.
Le Costa Rica , nous l'avions découvert il y a 12 ans en circuit individuel et l'envie d'y vivre nous avait effleurés. Nous l'avons trouvé changé. A l'époque, le pays semblait arrêté dans les années 60, peu de constructions en court et les gens circulaient en bus. Ils sont toujours très utilisés, mais il y a un parc automobile assez important, des constructions modernes et des rêves de promoteurs dont certains semblent abandonnés en cours, laissant d'étranges ruines. Certaines petites routes ont été remplacées par une autoroute, d'autres sont en piteux état.
Dans le sud, nous sommes désagréablement surpris par l'étendue

des plantations de palmiers à huile,
qui remplacent des zones anciennement défrichées pour l'élevage,
voir des nouvelles coupes.
L'accès à certains parcs se fait au bout de kms de pistes cahotiques. La 1ère fois, nous avions dû faire les plus accessibles ...cette fois nous testons quelques mauvaises pistes d'une trentaine de kms : marre de me faire secouer... Le 4x4, c'est pas mon truc! Damien assure la conduite avec dextérité et manie la scie quand les branches gênent...
Bien sûr, chaque fois nous avons la chance de faire quelques observations animalières : cervidés, rapaces (buse des mangroves mangeuse de crabes) au Parc Santa Rosa, iguanes, lézards verts, crocodiles,
mais pour le jaguar, le puma et le tapir, il faut partir en expédition ou avoir beaucoup de chance !
Nos autres quêtes ont été un peu mieux récompensées.
-les Quetzals
visibles assez facilement sur plusieurs spots dans la cordillère de Talamanca :
San Gerardo de Dota, la réserve des quetzals,le paradis des quetzals, tout ça entre San Jose et San Isidro près de Trogon lodge avec finalement plus de chance de ls observer qu'au milieu d'un parc immense. Les nôtres se nourrissaient d'avocats sauvages en bordure de piste. Ce sont de gros oiseaux lents, discrets, camouflés dans les branches. Pas vu de mâles au long panache.
-les Aras écarlates
Dans la réserve de Carara et ses environs où ils circulent en petits groupes,mais c'est dans la péninsule d'Osa que nous avons eu un vrai festival ! Eux sont loin d'être discrets. Colorés, bruyants, vivant en groupes, ils nous survolent par couples, se nourrissent de fruit dans les arbres où peu farouches, ils se laissent approcher. Pas étonnant qu'ils aient été facilement chassés pour leur beau plumage.
- les perroquets verts
de différentes espèces, observables dans les squares de ville, les forêts, les prairies …
- les tortues
Coup de blues ! Le Costa Rica nous pose question.
La 1ère fois, en janvier, nous avions pu observer la ponte d'une tortue luth, déjà rare.
En juillet, ce sont les tortues de Ridley, beaucoup plus petites et tout aussi en danger.
Nous les cherchons dans le parc de Santa Rosa, mais la plage la plus réputée, playa Nancite est difficilement accessible et sur autorisation (tant mieux pour les tortues, du moins nous l'espérons!). Sur l'autre plage réputée, playa Ostional,c'est une autre surprise : il n'y a plus d'accueil, ni de tarif d'entrée. Une petite université pour les jeunes étudiants américains venus en volontariat...mais que surveillent-ils vraiment? Personne ne nous demande rien, nous passons là 2 nuits et avons accès à la plage librement jour et nuit, comme les locaux et leurs chiens. Nous découvrons que la collecte des oeufs est autorisée pour "l'association locale"??? Le matin, nous voyons les traces laissées par les tortues, et au bout, le nid pillé par les humains et les chiens qui creusent, surveillés par les urubus guettant quelques oeufs...tous en raffolent semble-t-il.
Etrange, nous trouvons, seule au soleil, patinant dans le sable une minuscule rescapée...perdue pour perdue (les crabes les dévorent, c'est l'effet de groupe qui en sauve quelques-unes), nous la rapprochons des vagues.A ne pas faire nous disent les jeunes , elle doit visualiser la plage pour revenir pondre dans quelques années, disons que c'était un mâle! Elle n'avait aucune chance de toutes façons...Il semble que seule compte la montée mensuelle de juin à novembre lors du dernier quartier de lune. Elles arrivent par milliers et pour la photo, le mieux, c'est quand la marée montante est aux aurores. Tout faux! Espérons qu'elles sont alors mieux protégées, sinon nous ne donnons pas cher de leur avenir! Nous avons juste la chance d'en voir deux, venues pondre dans le noir: éclairage rouge et pas de flash!
Trop gros rouleaux pour se baigner, mais nous trouvons quelques autres plages pour nager:Jaco, Manuel Antonio.Quelques fruits nouveaux aussi
sorte de litchies poilus.
et ces fruits au goût de pétales de roses que nous offrent les 5 élèves d'une classe perdue au milieu de rien dans une Finca à l'abandon.
