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20 MARS, UN AN DÉJÀ.

 

 

                                            ANNIVERSAIRE: DAMIEN RACONTE.

 

        Eh oui, déjà un an que notre aventure a commencé.

        Un an de pur bonheur!? En voilà une idée,plutôt une tranche de vie choisie avec ses hauts et ses bas.

        Euphoriques, nous avons réussi à partir, à nous arracher de notre ron-ron quotidien, à gagner les States et atterrir à Los Angeles le 20 mars 2013. Nous nous donnons un peu de temps pour trouver le véhicule 4X4 et une coquille ou carapace perchée dessus pour habiter.La recherche s'éternise et nous doutons, angoissés à l'idée d'être dans une impasse et de ne pouvoir débuter notre périple.

       Enfin, enthousiastes, nous gagnons les parcs nationaux de l'Utah.

       Etonnés par cette débauche de bruits, de lumières, cette multitude d'établissements pharaoniques de jeux d'argent, Las Vegas nous assomme un peu.

       Les panoramas grandioses de Canyonland NP nous donnent l'impression d'être devenus oiseaux face au vide. Liberté du regard absolue!

       Un agacement extrême m'envahit à Antelope canyon face à l'exploitation mercantile par les Navajos d'une pure beauté de la nature.

       Notre frustration est réelle de lne pouvoir savourer pleinement le gâteau qu'est Yellowstone NP. Nous avons froid et les conditions imposées par les autorités pour découvrir la faune sont hallucinantes. Nous restons sur notre faim.

       Il y a parfois des instants magiques, rêvés, espérés. Notre chemin a croisé celui d'un lynx du Canada , un soir de façon brève, quelques minutes. Lui tranquille n'a pas semblé nous remarquer, passant en travers de l'espace parking. Nous, dans le camper à quelques mètres, surpris, admirons.

      Nous devenons lilliputiens au milieu des Douglas et des Thuyas géants qui approchent les 90 m de haut en Colombie britannique, côté ouest du Canada, les arbres profitent au maximum d'un climat tempéré extrêmement humide. L'exploitation forestière y est radicale avec des coupes à blanc sur des surfaces énormes. La régénération naturelle se fait sur 90 à 100 ans, étonnant! Emballés par cette contrée, nous souhaitons vivement y revenir.

      Nous parcourons le mythique état d'Alaska durant un mois et demi. Nous allons au-delà du Cercle polaire, traversant zones montagneuses, forêts, toundra humide. Nous rencontrons plusieurs fois les ours: un jour le grizzly à moins de 15 mètres et l'ours noir à moins d'un mètre. Les jeunes sont joueurs, les adultes ne pensent qu'à manger: herbes diverses, baies, poissons...

      Nous assistons ébahis à la remontée de millions de saumons dans de nombreux cours d'eau. La vie et la mort s'y mélangent. Etonnante ténacité de ces adultes revenant sur leur lieu de naissance pour se reproduire et mourir, évitant nombre de dangers : pêche, obstacle, prédation. Etrange hécatombe ... nous vous laissons imaginer l'odeur!

      L'élan sur-chassé se fait très discret.

      L'emblématique et élégant pygargue est très présent.

 

      Dans nos mémoires restent gravés glaciers vertigineux, fleuves énormes et sauvages, immensités couvertes de forêts de piceas, de spruce, de thuyas,de peupliers, de saules, de boulots et d'aulnes, couleurs d'automne éclaboussant tout en quelques jours. Nous goûtons et apprécions diverses berries: cueillette et réalisation de marmelades , de gelées.

      Nous découvrons avec grand intérêt la vie des natifs ( premières nations) avant l'arrivée des Européens et des Russes. Totems et motifs sur les maisons sont toujours présents dans certains villages pourtant totalement standardisés à l'américaine ou canadienne.

 

      La vie à deux au quotidien n'est pas toujours facile, notre maison fait 5 m2, il faut s'organiser en permanence. La tension est vive parfois! Notre envie de découverte n'est pas toujours semblable dans le rythme et la façon d'aborder une région, une ville.Dominique qui angoisse à l'idée de ne pas tout voir et Damien qui est toujours prêt à aller plus loin par des chemins parfois impossibles. Une explication, un long silence et la route continue!

       L'inquiétude pour la bonne marche du véhicule fût longtemps récurrente et envahissante. Un jour, je décide et dis: « OK, prenons en soin mais arrêtons de l'écouter en permanence. Faisons en sorte que notre 4X4 nous emporte à Ushuaia, sinon le plus loin possible. »

Grace à lui, nous avons une autonomie de plusieurs jours et donc une sacrée liberté. Les limites restent: l'autonomie moyenne en carburant, la quantité d'eau que l'on peut emporter ( 20 L pour la boisson, 40 L pour les besoins domestiques. Nous devenons très économes et faisons attention au surpoids de charge, réduisant le stockage de nourriture. Nous passons donc nos nuits parfois bien loin de tout. En Alaska, au Canada peu de problème avec les autorités et nous pouvons stationner presque partout. Aux USA, la police, les gardes de parcs, les gardiens de nuit dans les réserves indiennes sont invivables et intransigeants. Ils n'hésitent pas à nous déloger au beau milieu de la nuit:  « Vous ne pouvez rester là, c'est interdit! ». Ainsi de vastes parkings sont vides la nuit.

 

           Plusieurs rencontres fortuites ou organisées avec diverses personnes ont jalonné note route.

   Charles à Los Angeles nous accueille quelques jours après notre arrivée, nous prête son adresse pour l'enregistrement de l'achat de la voiture et de son assurance.

    Lisa et Dave à Seattle nous offrent un vrai lit après plusieurs semaines de nuits dans le camper pourtant confortable pour dormir. Nous passons deux soirées sympathiques avec eux.

    Susan et Charlie à Oakland, passionnés d'ornithologie, nous font découvrir les richesses aviaires locales. Succulent moment à échanger, observer, discuter de nos deux pays.La passion de Charlie pour la français facilite grandement la discussion!

    La famille Costa à Santa Cruz appelée en dernier recours afin de trouver un parking pour dormir, nous offre spontanément son jardin et de quoi se doucher.

   Glafira et son mari, à Guanajuato, nous reçoivent très cordialement. Elle nous fait découvrir la ville de nuit après être venue nous chercher au centre ville en fin d'après-midi.

  Au fil de diverses autres rencontres, on nous indique une direction, on nous dépanne, nous conseille pour l'endroit où dormir...Citons, John-David, thésard, travaillant à régler la circulation avec son panneau STOP, lors de travaux sur la Dalton Hway (route filant vers l'extrême nord de l'Alaska) avec qui nous papotons 20 mn en français en attendant d'avancer.

    Eather, croisée à l'accueil du centre sur les aurores boréales, très intéressée par la photo d'épilobe blanche rarissime prise par Dominique ( l'épilobe étant l'emblème du YUKON).

    Deux bretons voyageurs, Nadine et Jean-Paul, rencontrés près de Monterey, sur un bord de route. Nous avons discuté 3 heures au chaud dans leur camping-car, le temps était execrable. Nous nous re-croisons plusieurs par hasard et restons depuis en contact internet.

     Nombre de personnes intriguées par notre maison roulante trouvent cela super et sont étonnés par la longueur envisagée de notre périple ( Wahou, big trip!). Cela en fait rêver plus d'un! 

     Nous prenons aussi des auto-stopeurs, mais rarement, vu l'encombrement de la cabine de notre véhicule!

    Nous avons aussi reçu une invitée de choix, ma soeur Béatrice, lui permettant ainsi de découvrir un tout petit bout du Mexique pendant un dizaine de jours.

    Durant ces 365 jours, nous avons parcouru 36000 Kms ( bonjour la pollution!) sur autoroutes, routes, pistes, mais aussi pédibus lors de nombreuses randonnées. Nous regrettons de ne pas avoir eu un bateau. Nous avons fait le plein d'images ( au moins 10000 photos...) .

     Nous subissons les caprices de la météo qui n'est pas toujours optimale et favorable à l'observation et la photographie.

      De touristes nous sommes devenus voyageurs. Voila pour nous, et vous chers internautes, que devenez-vous, nous aimerions le savoir! Vos joies et vos peines...

 

 

                              Cet anniversaire, nous l'avons fêté, Dominique vous en parle!

 

       Déjà, dès le matin nous avons suivi un chemin aventureux dans la Sierra Gorda avec descente au fond du canyon Extoraz, traversée du rio avec le véhicule et longue remontée par une piste en lacets un peu effondrée par endroits. La position 4X4 fut nécessaire et la boite de vitesse automatique a chauffé!

        En soirée arrivée enfin à San Joaquin, nous stationnons devant le site archéologique à visiter le lendemain.Un campesino, revenant de ses champs à cheval passe par là. Nous avons pris l'habitude quand nous dormons dans les villes et les villages de demander à la police ou au voisinage si l'endroit est sûr et si ça ne dérange pas. Là, il nous trouve trop isolés et propose que l'on se gare devant chez lui: une maison derrière la petite épicerie que tient sa femme. Il nous demande 5 mn, descend de sa monture, dépose la selle sur une fourche d'arbre et attache son cheval en contrebas de la route. On le fait assoir dans l'auto pour 200 m et on se gare. Aussitôt, il nous invite à entrer et à se mettre à table. La soupe est chaude pour le retour du travailleur, sa femme sert: nous trois et les 2 petites filles qui grignotent en pépiant. Les fils et leurs femmes arrivent, se servent, repartent...

       Nous avons un magazine en espagnol dont un numéro était consacré aux richesses touristiques de la Sierra Gorda (réserve de biosphère au nord-est de Mexico) et nous leur montrons.Papy est surpris de découvrir toutes les merveilles qu'il y a 100 Kms autour de chez lui! Mais pas le temps de visiter,il doit cultiver pour manger! Cela fait sourire ses enfants...Nous discutons un peu avec chacun et dans la conversation, nous disons ne pas connaître le goût du Pulque ( jus d'agave fermenté). Ni une , ni deux, il nous en ouvre une bouteille (production artisanale personnelle, conservée en bouteille d'eau minérale!). C'est assez bon, un peu comme du kéfir, légèrement pétillant et pas trop alcoolisé.

      Et voici un anniversaire arrosé!  20 MARS, UN AN DÉJÀ.

Pour  l'heure, nous sommes depuis 4 mois au Mexique. Avons observé cactus, baleines et mexicains, admiré nombre de ruines et d'églises, croisé divers climats: de désertique à tropical chaud et humide, de la fraicheur des montagnes aux eaux chaudes du Pacifique et des Caraïbes.

Le Mexique est loin de l'image que nous nous en faisions. C'est un pays résolument moderne mais avec de grandes disparités, très sécuritaire, et où les gens ne se compliquent pas la vie! Même si visiblement elle n'est pas toujours facile. L'accueil est souvent simple et souriant.

                   

 

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A
Revenons de Cornouaille britannique et du Dartmoor, magnifique région de chemins creux, donc  réservée aux petits camping-cars. Camélias, rhodos, azalées, jacinthes sauvages, ail des ours, et public  footpath tout au long de splendides côtes battues par les vagues. Sans oublier les petits cottages et le roi Arthur...
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A
 Une année : en prenant de la hauteur, vous vous entérinez écologistes. Cycles de la nature, parfois Mrs and Mr MAS,  tout en sachant relativiser, et puis de bien jolies rencontres, tous êtres vivants confondus, et aussi la constatation des extrêmes, mais   en songeant déjà  à repartir en migrateurs chanceux,  tout autant qu'  insatiables ... Et nous, ce que nous faisons ce matin ? Eh bien, on cherche les œufs en chocolat, pardi !!!
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